Éditorial

Devenir clinicien-chercheur: la synergie de deux perspectives

L’ensemble de la pratique médicale est centré sur les soins prodigués aux patients. La formation qui sous-tend cette pratique est donc orientée vers l’apprentissage du raisonnement clinique et de la démarche thérapeutique. Mais la pratique médicale repose également sur l’ensemble des connaissances scientifiques provenant d’un nombre incalculable d’observations structurées et de travaux de recherche.

Les membres du corps médical ont toujours joué un rôle prédominant dans l’élaboration du savoir médical. L’évolution fulgurante des connaissances biomédicales au cours du XXesiècle a entraîné un écart progressif entre les médecins au profil «clinicien» et ceux au profil «chercheur». Certains médecins choisissent cependant de combiner ces deux profils. Ils s’offrent ainsi un point de vue privilégié, une perspective unique tournée vers l’avenir.

Les cliniciens-chercheurs sont la pierre angulaire de l’édifice scientifique que représentent la recherche fondamentale, translationnelle et clinique. Leur expérience clinique leur permet de formuler des hypothèses qui répondent à de réels problèmes cliniques. Et c’est la facette clinique de leur formation combinée qui leur permet d’appliquer le fruit de leurs recherches aux soins des patients. Les deux volets d’une formation de clinicien-chercheur ont donc un effet synergique.

Soutien au développement professionnel des cliniciens-chercheurs

Les universités et les instances gouvernementales sont de plus en plus conscientes du rôle primordial que jouent les cliniciens-chercheurs dans l’ensemble du domaine médical. Plusieurs programmes ont donc été mis en place afin de favoriser leur développement professionnel.

D’abord, de nombreuses institutions universitaires québécoises, canadiennes et américaines offrent des formations combinées de M.D.-M.Sc. et de M.D.-Ph.D. Les programmes ainsi imbriqués forment un parcours médico-scientifique unique qui débouche à l’obtention des deux diplômes avant l’entrée en résidence.

Ensuite, des programmes ont été conçus comme complément aux formations de résidence en spécialité. En ajoutant deux années à la formation initiale, ils permettent de décupler les expériences de recherche et d’étoffer son dossier académique tout en complétant sa formation clinique. Le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada reconnaît ces démarches en octroyant un diplôme spécifique aux résidents finissants.

Par ailleurs, les instituts gouvernementaux de recherche (le Fonds de la recherche en santé du Québec et les Instituts de recherche en Santé du Canada) offrent également des bourses dédiées à des médecins résidents se destinant à une carrière en recherche. En outre, la Fédération des médecins spécialistes du Québec et le Ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec ont conclu une entente afin de rémunérer les cliniciens-chercheurs en début de carrière. Ceux-ci peuvent donc consacrer une portion significative de leur temps à leurs activités de recherche tout en recevant un salaire comparable aux autres membres de leur discipline.

Comme vous le voyez, la formation des chercheurs-cliniciens est de plus en plus structurée. Avec toutes ces formes de soutien, on verra certainement de nombreux futurs médecins emprunter cette voie. Serez-vous du nombre?

Alexis-Simon CloutierRédacteur en chef

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